Histoires (2010)

choeur d’enfants, orgue et violon
sur des poèmes de Pierre Reverdy, Goethe, Emily Dickinson, Guenrikh Sapguir, Robert Desnos
commande d’état pour Mômeludies

dédié à mon père, Marcel Besson (1922 – 2010).

création le 10 avril 2018 à la Cathédrale de Pontoise (95) par les choeurs d’enfants du CRR de Cergy-Pontoise, direction Clara Brenier, Philippe Brandeis, orgue, Pierre-Olivier Queyras, violon.

partition : pdf sur demande au compositeur

Extraits de la partition :
Histoire
It’s like a light
Wandrers nachtlied
Tsvétnié slava
L’anneau de moebius

Enregistrement
Concert de création

 

Présentation :

La partition peut-être exécutée des différentes façons suivantes :
– soit choeur principal à l’unisson et violon
– soit choeur à voix égales. Dans ce cas, le violon n’est utilisé que dans les pièces  IV et V

La partition pourra également être adaptée en fonction du niveau des choristes.
Dans IV, les doublures sont “ad libitum” dans les parties en canon.

La registration de l’orgue est indicative. Les indications représentent une base  qu’il est possible de complexifier. L’organiste l’adaptera en fonction de l’instrument et de l’acoustique du lieu. L’orgue devra posséder au moins deux claviers.
Il est cependant possible de jouer la partition sur un positif. Dans ce cas, on adaptera la registration, sauf dans le cas d’un deux claviers.

Notice de concert :

Histoires résulte d’une commande des éditions Mômeludies faite à plusieurs compositeurs afin de créer un nouveau répertoire vocal avec l’orgue. En effet, l’orgue est de moins en moins connu des enfants parce que lié à un répertoire et à des lieux principalement religieux. Cette œuvre cherche donc non seulement à sensibiliser les enfants à un répertoire contemporain mais aussi à leurs faire découvrir cet instrument fabuleux qu’est l’orgue.

Pour moi, la sélection des textes a été fondamentale dans la réalisation du projet. La destination aux enfants induit une simplicité non dépourvue de richesse et de subtilité, des contenus tour à tour drôles ou graves, une forme qui ouvre souvent sur des tournures ludiques. Les poèmes sont profanes mais leur choix assume tout de même une certaine spiritualité en relation aux lieux sacrés dans lesquels les orgues sont installés. L’idée de faire appel à plusieurs idiomes (le français, l’anglais, le russe et l’allemand) s’est également imposée à moi pour faire découvrir aux enfants une pluralité de sonorités des langues (accentuation, rythme, couleur). J’ai choisi de traiter chaque poème d’une façon unique du point de vue du style vocal et de la sonorité de la langue. Chacun propose également un langage musical et une mise en œuvre vocale et instrumentale spécifiques. Les différentes langues permettent aussi de faire appel à l’imaginaire et d’entraîner les enfants et l’auditoire dans des pays et des temps proches ou lointains. Les textes sont, en effet, d’époques très différentes.

Les deux poèmes en français du XXème siècle sont plus actuels voire surréalistes (Reverdy). La langue russe renvoie au chant populaire et aux polyphonies russes traditionnelles. Le poème de Goethe (qui a été maintes fois mis en musique par les Romantiques) est un modèle d’expression concise. Le poème anglais fera découvrir une des plus grandes poétesses américaines du XIXème siècle au style très fort.

Dans un tel contexte, il n’était bien sûr pas question que j’exploite l’orgue dans toutes ses ressources sonores et sa puissance. Des solutions équilibrées sont recherchées dans l’écriture comme dans les registrations pour accompagner et garder audible l’impact très pur des voix. Ce qui n’exclue pas une écriture de l’orgue très virtuose et exigeante pour l’interprète.

J’ai souhaité que le violon relie le chœur et l’orgue (il est facultatif pour certains mouvements lorsque la réalisation vocale est polyphonique). Il devient cependant autonome dans certaines pièces et crée, à ces moments, une troisième dimension du timbre et de l’écriture.